Poulidor et sa main plâtrée

En 1962, soit deux ans après ses débuts professionnels, Raymond Poulidor entame son premier Tour de France. Déjà fort d’une victoire sur Milan-San Remo, le jeune coureur français (26 ans) est pourtant handicapé le jour du départ : quatre jours plus tôt, « Poupou » s’est fracturé l’auriculaire de la main gauche en s’entraînant. Il rejoint donc le peloton avec un plâtre autour du poignet.

La première étape s’avère très difficile pour Poulidor, qui coupe la ligne d’arrivée à la 63e place et, surtout, à plus de 8 minutes du groupe de tête. Accrocheur, il ne lâche rien et se hisse, à quatre étapes de la fin, dans le top 10.



Le voilà qui rêve de finir en beauté, encouragé en cela par le patron de sa formation Mercier-BP, Antonin Magne. Le matin de la 19e étape, qui relie Briançon à Aix-les-Bains, le Français décide de passer à l’attaque. Débarrassé de son plâtre, il devance les grimpeurs qui ont pris les devants ce jour-là et s’adjuge sa première victoire d’étape. Avec panache, il boucle les 204 km de cette journée avec 2 minutes et 30 secondes d’avance sur ses deux poursuivants.

Raymond Poulidor bouclera son premier Tour sur le podium (3e), à dix minutes du Maillot jaune Jacques Anquetil. S’il avait entamé la course en pleine possession de ses moyens, peut-être n’aurait-il jamais été affublé du surnom « d’éternel second »…