Harinordoquy, le gladiateur d’Anoeta

Habitués aux joutes viriles, les rugbymen sont régulièrement comparés aux gladiateurs qui combattaient dans les arènes de Rome. Cette année, l’héroïsme d’un seul homme a prolongé cette métaphore…

Un calvaire qui s’éternise

En demi-finale de H-Cup (Coupe d’Europe), Imanol Harinordoquy a livré une performance de titan face aux Irlandais du Munster. Victime d’une fracture du nez, le troisième-ligne du Biarritz Olympique s’est battu pendant plus d’une heure malgré la douleur et le masque de protection qui l’handicapait.

Son match s’est transformé en calvaire quand, à la suite d’un choc violent, Harinordoquy a été victime d’une fracture costale en première période. Galvanisé par le public basque massé dans l’Anoeta de Saint-Sébastien, le Biarrot s’est accroché pour ne pas abandonner les siens.

Epuisé par les placages et meurtri par ses blessures, Harinordoquy est pourtant contraint de quitter le pré à dix minutes du terme de la rencontre. « J’ai essayé de me remettre moi-même en place deux côtes qui se chevauchaient plusieurs fois, expliquera-t-il après coup. Et puis j’ai repris un coup dessus. Ça devenait si douloureux que j’ai dû céder ma place ».

Ovationné par tout le stade, l’international français verra ses partenaires l’emporter (18-7). Lui gagnera définitivement leur respect, ainsi qu’un nouveau surnom : le Gladianol.